dimanche 30 décembre 2012

Balade de décembre

Dernières balades de l'année dans ce mois  de décembre si doux, si surprenant... J'ai marché dans la campagne, à l'orée des forêts pour profiter du soleil et du vent tiède.
 Dans l'ombre mauve des fûts rectilignes, j'ai recueilli les voeux  que je formule pour votre année 2013, à vous tous, lecteurs, fidèles ou passagers, en vous remerciant de votre assiduité et de votre présence amicale.

Que vous puissiez vous délecter des couleurs de la vie,
 que vous sachiez éviter les pièges,
  et que vous ayez le temps de jouir de l'intensité du quotidien.
Enfin, que l'année 2013  vous soit douce, comme la lumière de ce soir doré.

Bonne et heureuse année 2013!

mardi 18 décembre 2012

Tozeur

J'aime les dattes! J'aime le moelleux muscadé de leur chair, leur  peau pruinée et bosselée, leur noyau astringent qui agace la langue.
Synonymes, au même titre que la mandarine, des fêtes de fin d'année, elles restent pour moi indissociables des desserts hivernaux qu'elles savent si bien réchauffer. Cette année, elles ont fait leur apparition dans les magasins dans un horrible carton jaune, censé - je suppose - représenter le soleil, sous une marque suisse. Intriguée, j'en ai cherché la provenance, et en tout petit, j'ai trouvé : "produit par  XXX, à Tozeur".




J'ai débarassé l'emballage hideux, j'ai sorti un plat de là-bas ... à la première bouchée, j'ai commencé à voyager!

Quels souvenirs Tozeur m'avait-elle laissés? Nous étions hors saison, les grands hôtels étaient fermés dans toute la Tunisie, nous logions dans des hôtels pour représentants de commerce, au gré de notre vagabondage. Peu de rencontres, peu de souvenirs.  Mais des impressions très fortes qui sont revenues en vrac, une odeur de cuisine au coin d'une rue, une musique lancinante, le bruit du vent dans la palmeraie... et ces rues désertes, comme une ville morte.


Sur la route de Gafsa à Tozeur, le désert avait fleuri.  Le mauve répondait au bleu du ciel et au rose du sable. Un camaïeu inoubliable.

Dans la ville, le même rose se répétait dans les chevrons des maisons décorées ...


Les palmiers, partout présents, nous ont consolés de la palmeraie défendue que nous avons à peine pu longer. Hors saison touristique, nous n'étions pas les bienvenus.


Pourtant, nous avons aimé cette bourgade endormie pour son atmosphère hors du temps. L'isolement nous a paru encore plus grand lorsque nous avons traversé le lac salé, le Chott el Jérid. La beauté d'une terre désolée...



J'ai repris mes photos oubliées... et redécouvert des souvenirs oubliés. Tout ça par la magie et le goût du Doigt de lumière, puisque c'est la traduction de Deglet Nour, qui qualifie la datte de Tozeur.

dimanche 16 décembre 2012

Le premier

Les promenades dominicales sans ambition offrent parfois des surprises! J'aime me balader sans but, dans les endroits connus de la ville, me laisser imprégner de l'atmosphère des lieux, reconnaissant quelques détails, en découvrant d'autres...
Mais aujourd'hui, la lumière était si belle que nous nous sommes arrêtés pour admirer et prendre en photo la vieille ville une fois encore, une fois de plus.


Fribourg, vieille ville

Je me suis amusée à repérer les rues dans l'enchevêtrement des toits, à deviner les maisons connues, à réinventer la géographie de la cité.

Fribourg, toits de la Grand Rue

J'ai essayé de compter les cheminées, les clochetons, les balcons, remarquant quelques spécificité architecturales comme ces chambres sous les toits, telles un éventail.


En me retournant, mon oeil fut attiré par une masse brune un peu en hauteur, juste au-dessus du parking. Et là, je vis pour la première fois de ma vie, un animal que j'ai maintes fois espéré voir en liberté, sans oser imaginer pouvoir le photographier!  J'en avais vu dans les parcs alpins, j'en avais même vu un mort, au bord de la route, à peu près au même endroit, un matin à l'aube... J'avais mis le doigt sur mon incapacité à grimper et mon peu de patience, et je pensais n'en jamais rencontrer.
Mais celui-ci était bien vivant, et broutait, nullement effarouché par notre présence et les voitures qui passaient à vive allure à quelques mètres.

Chamois des villes
Je savais depuis ma rencontre funeste qu'une petite colonie vivait dans la vallée du Gottéron, mais de là à en apercevoir!
Pour une balade citadine, reconnaissez que j'ai été gâtée!

dimanche 2 décembre 2012

Saint Nicolas

Avez-vous connu, avant le Père Noël, la Saint-Nicolas?
Enfants, nous avions deux fêtes bien distinctes : le 6 décembre, le repas de  Saint-Nicolas, traditionnellement la première mandarine de l'hiver - et parfois la seule -, un repas de noix, noisettes, amandes, châtaignes, figues et dattes. Un sirop de cannelle chaud, avec une pointe de vin, accompagnait le biscôme. Le Père Noël, lui, déposait ses cadeaux sous le sapin le 24 décembre dans l'après-midi.
Aucune confusion ne semblait être possible, les deux effigies étant bien différenciées... Puis lentement, le père Noël traditionnel s'est imposé sur les biscômes.
A Fribourg, ce sont les élèves du Collège St-Michel qui organisent la Fête de la Saint-Nicolas, Saint Patron de la Ville. Cortège, du collège à la Cathédrale, Saint Nicolas sur son âne, puis discours au peuple depuis le balcon du portique de la cathédrale.
Cette année, ils ont voulu remettre le Saint sur les biscômes, en contactant les boulangers et confiseurs de la ville. Et ils ont réussi, ceux-ci ont joué le jeu!

A gauche le Père Noël destitué, et à droite, Saint Nicolas, dessiné par Frédéric Aeby (clic)
Cette action a été hautement commentée dans la presse, et pendant la Fête, chacun était fier d'acheter le "vrai biscôme".
Pour la première fois, je me suis mêlée à la fête, ayant honte de n'avoir jamais participé à cette fête hautement populaire. Le chiffre de 30'000 participants a été annoncé: sans la présence d'amis, j'aurais fui rapidement... Mais j'aurais certainement passé à côté de quelque chose de fort!
Concerts courts dans l'après-midi, l'art choral étant fort apprécié dans la région. Chants religieux et de Noël, bien sûr.

Choeur du Collège Saint-Michel dans l'église éponyme
Les stands de biscômes offrent le vin chaud parfumé à la cannelle  à l'anis étoilé, toutes épices destinées à réchauffer, les températures étant proches du 0°C.  On passe d'une église à l'autre en sirotant la boisson revigorante (plus d'eau que de vin, rassurez-vous!).
Dans la tradition, les tours en âne ont toujours la faveur des enfants,


et les collégiens vendent cakes et gâteaux pour financer leurs voyages de fin d'année. Quelques artisans pour ce marché d'un jour, mais perdus dans la grande masse des revendeurs de babioles chinoises, envahissant un marché ressemblant à n'importe quelle foire : l'odeur de saucisses grillées avait rapidement supplanté l'odeur de la cannelle  si évocatrice des fêtes de fin d'année.

Pauvres Pêres Noël, remplacés par ces ballons si moches!
Mais plus loin, ce fut l'attente, sous la tour de la Cathédrale, de l'arrivée du cortège de Saint Nicolas, dans une joyeuse effervescence, et dans une belle lumière ...


Les tambours, les fifres, puis le choeur, prennent place sur le parvis, l’Évêque de Fribourg va sortir de la cathédrale pour accueillir Saint-Nicolas. Je ne vois pas grand chose, il fait nuit, il y a de plus en plus de monde. Ambiance bon enfant, pourtant.


Puis le voilà enfin sur le balcon, le poil blanc cachant le collégien...  Des biscômes sont jetés des fenêtres pour les enfants sages, et les Père Fouettards font vibrer les verges en direction des enfants peu sages, Saint Nicolas enfin parle à la foule en français et en allemand, s'adressant à ses "Chers enfants", et déclenchant des clameurs d'approbation ou de déception, des rires lors de ses commentaires sur la vie politique ou de ses quelques piques aux autorités en place. Mais rien de l'iconoclasme du Carnaval!

 

Enfin, il bénit ses Chers Enfants, et disparaît dans la fumée rouge, sous les applaudissements des participants.


Une messe sera dite ensuite dans la cathédrale pour les croyants, et les mécréants se dispersent dans la vieille ville pour retourner chez eux. La fête est finie, mais l'année prochaine, le premier samedi de décembre, Saint Nicolas reviendra dans sa bonne ville.

dimanche 28 octobre 2012

Entrée dans l'hiver

Dimanche d'octobre... Dans mon sommeil, j'ai entendu le vent secouer furieusement les rideaux tandis que le froid essayait de pénétrer dans ma couette ... et le matin, le spectacle était là, impressionnant


Tout de suite, j'ai su qu'il faisait  un froid de canard,


c'est  la goutte au nez que j'ai fait le tour du jardin - je n'étais d'ailleurs pas la seule!


Les pommes n'ont pas fini de mûrir


mais  la douleur au bout des doigts, l'onglée, m'a dissuadée d'aller en cueillir ... Je me sentais comme ce pauvre fuchsia.


Un grand frisson glacé m'a parcouru l'échine et convaincue de revenir sur mes pas


pour faire le premier feu de la saison, en brûlant traditionnellement le bouquet de fleurs séchées qui a garni la cheminée pendant la belle saison.


L'hiver est là ! Mais m'y habituerai-je un jour ? Pour moi, il arrive toujours trop tôt, et dure toujours trop longtemps!

samedi 27 octobre 2012

Un bouquet pour un dimanche / 10

Le dernier bouquet de la saison du jardin, cueilli vendredi, juste avant de déterrer les dahlias dont les feuilles étaient déjà noircies par les gels nocturnes ...
La neige, depuis, alourdit cosmos, gaillardes, fuchsias et géraniums ... C'est la fin des fleurs à bouquet jusqu'au printemps. Mais ce ne sera pas la fin des bouquets. Impossible de ne pas avoir une corolle dans la maison...
Un dernier feu d'artifice, des dahlias plus petits, moins ronflants, mes préférés ...


D'un peu plus près, malgré l'absence de parfums (et de lumière pour la photo!)



Dans une coupe oblongue en verre mauve faite pour soutenir les tiges faibles et cassées, comme un nid...
Bon dimanche à tous !

vendredi 12 octobre 2012

Au bord du lac

Un jour d'accalmie dans l'automne pluvieux, un après midi doux, presque ensoleillé ... Choisir un banc au bois chauffé par l'éclaircie précédente, sur le quai,  les yeux dans le bleu, dans la lumière.
Suivre l'inclinaison lente d'une voile, dans la brume qui vibre.


On plisse les yeux, on parle à voix basse, on jouit du calme du lac et du ciel, et immédiatement le souvenir des tableaux tranquilles d'un familier du lac, qu'il a peint à maintes reprises: le peintre vaudois François Bocion (1828-1890).

F. Bocion, image trouvée sur le net
La même lumière douce, la même eau calme, annonçant la pluie...


Un léger frémissement, le ciel et l'eau se rident de concert, et nous commentons les éclairages tantôt sur le lac, tantôt dans le ciel. En un temps très court, tout change : les nuages s’entrouvrent,


les montagnes apparaissent, imprécises, encore enveloppées de leurs écharpes. Aucune barque ne vient troubler le paysage, à peine quelques mouettes...


L'impression de déjà vu, de retour dans le passé...

F. Bocion, image trouvée sur le net
L'ambiance au bord de l'eau semble immuable depuis le temps du peintre ...
A l'ouest pourtant,  le ciel contredit la prédiction de l'eau trop calme annonçant la pluie...


lundi 1 octobre 2012

Talents

Des blogueuses talentueuses... il y en a un tas, me direz-vous! Oui, c'est vrai, c'est un délice de se promener sur la toile, dans la diversité des créations, d'y découvrir les couleurs, les formes, les délires! Mais quand la fibre artistique se double d'une connivence amicale, le plaisir est à son apogée.
Mon été fut artistique par les oeuvres que j'ai pu choisir parmi celles de trois blogueuses auxquelles va toute mon admiration.
Je vous laisse admirer leur travail, par ordre d'adoption et d'arrivée chez moi

Un collage floral de Zak'O, 
Froufrou, collage de Zak'O
 dont deux détails montrent l'assemblage créatif, donnant vie à de nouvelles formes.















Un paysage de Elfiplein de surprises
Fourmiz XII , de Elfi

 Sous la terre, sous la tôle, une fourmi vit sa vie... Précision du détail, rugosité de la matière.


un bouquet de fleurs de Norma 
Norma C. , Bouquet, Costa dei Fiori
L'or qui sublime les pigments et la couleur, une forme abstraite, très évocatrice.


Éclectique, me direz-vous? Pas à mes yeux : les trois oeuvres parlent de choses qui me sont proches : matières, paysages, fleurs, nature. Deux d'entre elles m'ont été offertes par  des personnes chères à mon coeur,  et pour la troisième, je me suis permise une petite folie : me faire un cadeau.  Le bel été est entré dans ma maison et je vais en profiter tout l'hiver. Merci les artistes !

jeudi 27 septembre 2012

Journée photo

C'est Spiruline, du blog Regarde voir qui m'a mis la puce à l'oreille... Par distraction, j'avais complètement zappé un festival Images à quelques kilomètres de chez moi. La tête ailleurs, l'esprit pris par des banalités, bref, nulle! Merci donc à elle d'avoir édité un billet intéressant qui m'a convaincue de faire le déplacement - en dernière minute, puisque le festival se termine le 30 septembre.
Emotions fortes, ce pourrait être le titre de cette journée. De photographe en photographe, d'oeuvre en oeuvre,  j'ai appris beaucoup - comme on apprend en observant et en vivant une journée entière dans le même thème. Parfois les démarches sont très éloignées de mes façons "amateur", mais elles m'ont permis de me positionner, de me remettre en question : que du bonheur!
Dans le clair-obscur de l'Eglise Sainte-Claire, lumière douce pour protéger l'oeuvre sur gazon, un visage prenant malgré la présumée bizarrerie du projet:

Ackroyd & Harvey
Un saut dans la troisième dimension, avec ces portraits impressionnants qui transforment le quotidien

Liu Bolin
 La scène extérieure d'un théâtre, côté cour ou côté jardin ?
Non attribué, serait-ce un trompe l'oeil permanent ?
Des dames bien comme il faut, plantées dans des décors bucoliques, que les habitants cyclistes semblent s'être vite appropriés ...

Kourtney Roy, panneaux publicitaires
 Décor rêvé pour le pic-nic des marcheurs, un arbre sur fond blanc, se détachant du paysage alentour
Myoung Ho Lee
 La jungle au fond de l'impasse, juste entrevue par la fissure

Noémie Goudal
 Et enfin, en trompe l'oeil, l'artiste à Venise, dans le coin d'une rue,comme une nouvelle perspective offerte à la ville.

Liu Bolin
Je suis enchantée de ma journée et de mes découvertes, et je vous recommande d'aller voir le blog de Spiruline qui a une autre vision que la mienne, et le site du festival, avec la description des projets de chaque artiste. Sous les Images de Gine, d'autres photos, aussi.




Grelots, pompons

C'est le temps revenu  du souvenir des collines dorées par les brassées odorantes Grelots, pompons, houpettes poudrées au parf...